Dans les années 70, Geneviève Rozental, chercheuse universitaire, crée, avec l’aide de son mari, l’Aire Libre à Montparnasse, théâtre où jouaient alors des auteurs vivants.
Attachée culturelle dans les ambassades de France, Geneviève fera ensuite 15 ans de « vagabondage diplomatique » avec son conjoint avant de récidiver en 2003 dans la reprise d’un petit théâtre, placé dans un quartier culturellement défavorisé : l’est du 15ème.
Sans subvention, avec des bénévoles, l’Aire Falguière (c’est son nom), véritable tremplin pour des artistes plein de talent mais pas forcément reconnus, affiche toujours la même ambition : priorité aux auteurs vivants.
Qu’est ce qui est le plus difficile dans votre activité ?
Faire venir la presse ! Elle ne se déplace pas dans les petits théâtres.
Les journalistes se croient tous obligés de parler de la même chose.
De plus, à part La Colline et le Rond Point, très peu de théâtres font du contemporain.
Nous avons une fonction de découvreur.
Pourquoi vous êtes vous installée dans le 15ème ?
J’habite à coté et je ne souhaitais pas prendre un moyen de transport pour aller au théâtre.
Le 15ème n’est pas un arrondissement facile. Il y a beaucoup de familles, avec de très jeunes enfants, qui ne sortent pas. Par contre, à la différence de Montparnasse, nous avons des habitués, mais pas assez.
Dans le quartier, il n’ y a que 5 théâtres pour le plus grand arrondissement de Paris, avec une population égale à celle de Bordeaux.
De quelles aides bénéficiez vous ?
Nous avons 5 000 euros de subvention annuelle (c’est à dire rien !), et la bénédiction de la mairie du 15ème.
Nous ne sommes pas intéressants pour les mécènes car 40 places, cela ne leur offre pas assez de visibilité.
D’un autre coté, ne pas dépendre des subventions, c’est aussi notre force.
Quels sont vos souhaits ?
Je rêve de ne plus mettre de ma poche. J’aimerais juste équilibrer.
Quelles sont les mesures concrètes pouvant vous aider ?
Que les chèques emplois association soient utilisables pour les intermittents du spectacle.
La pièce coup de cœur du moment :
Alice : une Bridget en mal d’amour, qui partage ses déboires dans une performance flirtant avec la comédie musicale.
Accompagnée par son âme damnée, un pianiste guitariste parfois complètement déjanté, Alice est à la fois drôle et touchante. Le spectacle, mis en scène par Mélanie Allart, est prolongé tous les dimanche, jusqu’au 16 mars.