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Dirigeantes
Calypso de Sigaldi, rédactrice en chef du nouveau magazine de mode au masculin: Businessmanconfidential.com.
 

Après s ‘être rêvée danseuse étoile, la petite Calypso de Sigaldi eût une révélation : Lors d’un shooting sur lequel elle accompagnait sa mère, elle s’est écriée, en désignant la sublime mannequin qui prenait la pose: “Moi, quand je serai grande, je serai la dame !“… Et quelques années plus tard, le destin de  Calypso l’amènera expérimenter divers métiers du microcosme de la mode : de la photo à la rédaction en passant par le mannequinat ! Aujourd’hui Calypso de Sigaldi allie ses passions de l’image et de l’écriture, installée dans son fauteuil de rédactrice en chef du tout nouveau magazine de mode au masculin : Businessmanconfidential.com, diffusé en français et en anglais !

“J’ai choisi de m’adresser particulièrement aux hommes car j’ai une tendresse très particulière pour eux et j’aime les taquiner pour les pousser à se poser des questions auxquelles ils ne penseraient pas systématiquement eux-mêmes !“

 

Une femme qui ouvre les portes de notre sanctuaire aux hommes ? On aime ça chez IAH… Sceptique ? Lisez plutôt la vision des choses de Calypso :

 

  

-  Bonjour Calypso, vous êtes rédactrice en chef du Mag Businessmanconfidential.com, comment en êtes-vous arrivée là?

 

J'ai très vite fui la fac de droit où j'étais inscrite, pour entamer une carrière de mannequin internationale, qui m'a permis de découvrir le vaste monde. Je suis devenue maman à 24 ans, ce qui a marqué la fin de cette étape de ma vie...

J'ai eu la merveilleuse opportunité qu'une agence de mannequins, à Milan, spécialisée dans les défilés me propose de créer et de diriger leur département photo. Ce fût une nouvelle aventure extraordinaire ! Puis, j'ai choisi de revenir sur Paris où la directrice de l'agence où j'avais été mannequin m'a proposé d'ouvrir le département homme de l'agence… C'est sans doute à ce moment là que j'ai commencé à développer cette tendresse pour le fonctionnement mental masculin : nous étions à une époque où les mannequins hommes étaient de véritables machos et de vrais « gros bras » qui n'hésitaient pas à donner du point lorsqu'ils n'étaient pas d'accord. Je me suis donc retrouvée au milieu d'une armée de “bodyguards “, charmants et totalement protecteurs vis-à-vis de leur “fragile“ directrice, aux allures si fluettes. Lorsqu' une nouvelle génération de mannequins est arrivée sur le marché, je me suis sentie moins en phase avec eux … Ce métier était subitement beaucoup moins drôle… J'ai donc décidé de devenir agent de photographes de mode. Là encore, ça a été une formidable aventure humaine. J'ai ainsi appris à gérer les égos d'artistes, mais aussi découvert les astuces des pyrotechniciens, rencontré des pros de la cascade ou vu, aux USA, construire en 48H  des décors en forme de  vieux gréements, charriés sur la plage par une grue et des treuilles ! Des choses  étonnantes et rares, que peu de gens ont l'opportunité de découvrir…

 

- Quel fut votre premier emploi ? Qu'en avez-vous retiré?

 

Le mannequinat fût ma première expérience professionnelle, j'en ai tiré un bénéfice énorme. On  reprend souvent l'aphorisme de Nietzsche “tout ce qui ne vous détruit pas vous rend plus fort“ : le mannequinat, c'est exactement cela, c'est un métier particulièrement dur et parfois cruel, qui, par ailleurs, s'adresse à de très jeunes personnes, encore très naïves sur le monde, sur la vie. Le milieu de la mode est sans  états d'âme, à la fois inconstant et sans concession.

Ce qu'on appelle communément un casting est tout bonnement une démarche de demandeur d'emploi. Il est courant qu'il y ait une bonne cinquantaine de mannequins qui se présentent pour un seul poste à pourvoir. La vie courante d'un mannequin, hors périodes de défilés, c'est 3 ou 4 prises de vue par mois et 6 à 8 castings quotidiens. Bref, le mannequin, se retrouve dans le rôle d'un demandeur d'emploi 6 à 8 fois par jour, tous les jours. Et ce, au milieu d'autres demoiselles qui ont exactement les mêmes compétences  pour obtenir le job. Alors pourquoi la choisira-t-on, elle, plutôt que l'autre ? Il n'est pas rare d'entendre “franchement, elle est très mal proportionnée“ ou encore “moi, je trouve qu'elle manque de personnalité, regarde cette photo, on dirait une vache qui regarde passer un train“… Des propos vraiment très destructeurs pour une adolescente qui est à la période de sa vie où elle essaye de construire son estime de soi.

Bref, quand on survit à cela, on est armé pour la vie !

En revanche, la promiscuité de jeunes gens de toutes nationalités, qui se côtoient à travers un métier commun, est humainement extrêmement enrichissante. A mon époque, où les agences étaient dominées par la nationalité américaine, les agences, les hôtels pour mannequins, les boites de nuits à la mode se transformaient très vite en d'immenses campus où régnait un joyeux bordel… Mais il y avait aussi des élans incroyables de solidarité. Les mannequins vivent beaucoup en communauté et se protègent du monde extérieur dont ils craignent le jugement arbitraire.

Enfin, être payé, pour  courir le monde, en entrant de plein fouet dans la vraie vie d'un pays inconnu est une expérience remarquable pour une personne d'à peine vingt ans. C'est un vrai privilège !...

 

Quelle est l'entreprise où vous avez adoré travailler ? Pourquoi ?

 

Je ne peux pas dire que j'ai une grande expérience du monde de l'entreprise puisque je travaille à mon compte depuis 15 ans. Donc mes seules expériences de l'idée d'entreprise, correspondent à la période où j'ai été directrice de booking en agences de mannequins. Eva Models, l'agence où j'ai d'abord été mannequin,  était comme une deuxième famille pour moi… La directrice de l'agence, Eva Delorme est quelqu'un de très charismatique : un personnage rare, talentueux et à part, qui m'a appris beaucoup concernant ce métier !

 

à posteriori, quel a été le moment le plus marquant de votre carrière ?

 

Tous ! C'est un peu comme une pyramide : chaque étape a amené l'autre…

Paradoxalement les périodes marquantes, ce sont les périodes charnières, celles où vous sentez que vous commencez à vous sentir confortable dans une certaine routine… Malheureusement, le confort et l'ennui se conjuguent souvent de paire, et il faut regarder ce qui a la plus forte résonance sur votre moi profond. Le sentiment de satisfaction et de sécurité du confort ?... Ou l'impression d'avoir déjà entamé une certaine marche vers la mort, à cause de l'ennui et le manque de nouvelles perspectives ?… C'est là qu'il faut savoir être honnête avec soi-même. C'est parfois ce qui est le plus dur à faire. Pour ma part, j'ai, du admettre que  je m'étais réfugiée toutes ces années derrière mes photographes car ainsi c'étaient eux qui faisaient face à la critique… pas moi !

Alors que tout en moi était avide de création, je m'étais auto censurée par pure lâcheté… C'est dur de  s'avouer ces choses là !... spécialement lorsque l'on est orgueilleuse, mais c'est ainsi qu'on peut avancer et aller vers nos réelles envies.

-  Quand avez-vous commencé à diriger la publication du Mag Businessmanconfidential ?

 

J'ai commencé à travailler sur le concept en août 2006 mais le magazine est né officiellement en octobre 2007.

 

-  Parlez-nous un peu du Mag Businessmanconfidential…

 

J'ai entendu dernièrement une description du magazine qui m'a beaucoup plu donc je me permets de vous la faire partager : “Businessmanconfidential est un vrai magazine de luxe, à l'instar d'un Vogue pour les hommes. Sa seule différence avec les  grands titres du genre, c'est qu'il est immatériel puisqu'il est diffusé sur le net… Il apporte néanmoins la même sensation de détente et de plaisir.“

Bien sûr, on souhaite tous entendre des compliments sur ce que l'on crée mais dans ce commentaire, j'ai entendu beaucoup de choses que j'avais souhaité transmettre.

Businessmanconfidential est un journal qui parle des tendances du monde du luxe et de la mode et s'adresse malgré tout à ce qu'on appelle le “grand publique“. Bref, Businessmanconfidential c'est aussi un peu “La mode pour les nuls“ mais avec un grand respect pour ses lecteurs. On leur parle vraiment d'infos encore confidentielles, du milieu vu de l'intérieur, mais nous intégrons, dans notre formulation, la réalité de leur vie et des codes de leur propre univers. Tous nos articles sont exclusifs et produits par le magazine.

Businessmanconfidential, c'est aussi un magazine qui apporte un soin particulier à sa construction visuelle. Hormis les rubriques récurrentes, chaque article bénéficie d'une mise en page étudiée en fonction du thème du sujet. Le choix des images qui illustrent les articles ou les pages de mode sont minutieusement réfléchis. Pour beaucoup de gens le premier commentaire sur le magazine est “C'est Beau“…

 

- Quelles sont les aides dont vous avez bénéficié ?

 

D'abord, strictement AUCUNE…

Soit les gens ne comprenaient absolument pas ce que je souhaitais faire soit ils n'y croyaient pas. Mon banquier de l'époque m'a écouté déballer mon projet, avec un regard de plus en plus torve, pour finir par me dire : “chère madame, vous auriez ouvert un salon de coiffure ou un centre d'esthétique, nous aurions pu vous suivre… Mais là, ces histoires d'internet, franchement non !“. Pour la première fois, j'ai perçu ce manque de prise au sérieux condescendant que certains messieurs réservent aux femmes…. J'avais très envie de lui répondre “ah oui, et un salon de massages exotiques, vous me le financeriez, alors ?“. Mais je me suis dit qu'il manquait trop de finesse pour comprendre la boutade !... Alors à quoi bon ?…

Les aides, comme souvent lorsque l'on se lance dans de nouvelles aventures, sont arrivées par des biais tout à fait inattendus, et notamment par une mobilisation majeure de la jeune génération car ma fille et ses amis, chacun en fonction de son terrain de compétence, se sont mis au service du développement du magazine.

J'ai aussi rencontré des traductrices de talent qui ont accepté de baisser leurs tarifs pour donner une chance à la version anglaise du magazine d'être au même niveau que la version française.

 

- Quelles difficultés avez-vous rencontré ?

 

Réapprendre le système « D » ! Produire un magazine se voulant de la qualité des médias précédemment nommés, avec des budgets qui n'en étaient pas, développer le lectorat international sans aucun budget de communication... Quand on pense que Conde-Nast a dépensé 3 millions d'Euros pour lancer GQ sur le marché Français ! Comment peut-on s'aligner à de tels budgets ? C'est impensable… Et moi, ce n'est pas le marché français que j'essayais de pénétrer mais le marché mondial !

  

- Qu'ont pensé vos proches de vos nouvelles responsabilités ?

 

Mes proches ont été et sont encore un soutien de tous les instants. Ma mère, qui est supposée ne plus travailler depuis pas mal d'années,  a retrouvé ses réflexes aiguisés d'attachée de presse de choc, ma fille a enrôlé toutes les compétences autour d'elle et continue activement à maintenir la pression, mes amis ont tous été formidables essayant chacun d'apporter sa pierre, en fonction de ses qualifications ! Je suis une nouvelle fois en plein milieu d'une merveilleuse aventure humaine et j'ai beaucoup de chance d'avoir un entourage qui m'apporte un vrai soutien logistique et moral.

 

- Qu'est-ce qui vous passionne le plus dans votre activité ?

 

J'ai l'impression de me coucher chaque soir moins bête que quand je me suis levée … Ce métier est une source intarissable qui alimente constamment ma curiosité naturelle. Je découvre passionnant le footballeur que j'interview alors que je n'ai aucun enthousiasme pour ce sport, je me révolte soudainement contre l'injustice du monde de la course automobile quand je découvre à quel point tout y est question d'argent, je me laisse porter par la culture intarissable du directeur du patrimoine de la maison Cartier ! Chaque journée est comme une plongée dans un univers nouveau et passionnant puisqu'il m'est raconté par une personne qui m'honore en partageant sa propre passion.

  

- Qu'est-ce qui est le plus contraignant ? Comment le gérez-vous ?

 

Je comprends aujourd'hui de quoi parlaient mes amis rédacteurs quand ils me disaient  “je suis désolé, je vis comme un dingue, je suis en plein bouclage !“ : la contrainte, c'est d'essayer d'être toujours plus créatif, de bousculer ses propres challenges pour trouver une nouvelle originalité, un intérêt renforcé pour le prochain numéro. Pas le temps de souffler !  A peine un numéro dans la boîte,  il faut déjà retrouver le rythme, pied au planché, pour produire le prochain !

 

- Quel est le profil de vos lecteurs ?

 

Mes lecteurs sont aussi, à 50%, des lectrices, elles apprécient le ton désinvolte du magazine et la manière de bousculer gentiment l'ordre établi de ces messieurs…

Les lecteurs, quant à eux, sont plutôt dans la tranche d'âge 35 /50 ans, Ils sont d'un niveau social plutôt élevé, ils voyagent et ont une certaine culture… Et forcément une bonne dose d'ouverture d'esprit !

Le magazine a bien réussi sont développement à l'international puisque 65% des lecteurs lisent la version anglaise du magazine. Je reçois des courriers des lecteurs des Etats-Unis, des Emirats, d'Inde, D'Afrique du Sud ou d'Australie… C'est  toute la magie d'internet !

  

 

 
Publié par Rachel Suissa publié dans : Dirigeantes
Le : 30-11-2008
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