Après avoir rempilée l'an passé pour un nouveau mandat quinquennal, elle pourrait convaincre.la mère patrie de 007 d'accueillir le prochain réacteur de type EPR…Anne Lauvergeon, présidente d'Areva, a indiqué que des pré-discussions en vue de la certification de son réacteur, avaient commencé.
Mais qui est cette femme ?
C'est selon le magazine américain Forbes la femme la plus puissante de notre pays. Et même la huitième au monde. Rien que ça. Pourtant le grand public ne connaît pas Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'Areva, THE groupe industriel spécialiste de l'énergie qui couvre l'ensemble de l'activité industrielle du nucléaire français. C'est plus qu'une réussite dans le « pré carré » scientifique, milieu hyper masculin s'il en est, où la misogynie- parité ou pas-, bat toujours son plein….
On dit volontiers de cette chef d'entreprise hors pair et exemplaire qu'elle est « une brillante mécanique intellectuelle, rapide, séduisante, volontiers autocratique ». Son atout ? Un carnet d'adresses enviable et pas d'ambition politicienne affichée plus que ça. Son handicap ? Elle aurait la fâcheuse tendance à travailler en roue libre sans rendre de compte (ce qui peut aussi être un atout dans la course à l'énergie éolienne, à laquelle elle est ouvertement favorable).
Née le 2 août 1959, à Dijon cette Ingénieure en Chef des Mines, normalienne, agrégée de Sciences-physiques, a commencé sa carrière en 1983 dans la sidérurgie, avant d'étudier au CEA les problèmes de sûreté chimique en Europe. Dès 1984 à l'âge de 25 ans, elle effectue son premier stage d'ingénieur du Corps des Mines au Commissariat à l'énergie atomique.
Quelques années plus tard, F. Mitterrand lui confie une mission élyséenne à l'échelle internationale et dans le secteur du commerce extérieur. Dans la foulée, elle est catapultée secrétaire générale adjointe de l'Elysée (1990) puis « sherpa. » (Comprendre en jargon politique: la représentante officielle du président de la République, qui s'occupe notamment de préparer ses grands rendez-vous internationaux - sommets type G7 / G8- etc.)
Après être passé dans le secteur de la banque d'affaire et par Alcatel, elle pilote la création d'Aréva issue de la fusion entre la Cogema (qu'elle dirigeait jusque là) avec Framatome et CEA industries. Quelques années plus tard, son salaire fait un léger scandale à la suite de sa révélation par le quotidien économique Les Echos : 305 000 € de fixe plus 120 000 de variable (mais après tout, quoi de scandaleux à cela ? Le fait qu'une femme puisse afficher des salaires comparables aux hommes à compétences et niveau de responsabilités égales, dans un pays qui prône le plafond de verre et n'a pas son pareil pour savonner la planche de ses élites féminines ?).
En attendant, polémique salariale ou pas, la présidente du directoire d'Areva a rempilée pour cinq ans l'an passé. Reconduite à la tête du numéro un mondial du nucléaire pour un second mandat, elle s'est vue proportionner de nouvelles missions, la preuve par 4 (années) que son management tient vraiment la route. Son secret ? Une honnêteté à toute épreuve : « nous avons un principe de vérité. On ne raconte pas de belles histoires rassurantes aux salariés alors qu'on sait qu'on va devoir fermer un site ».
Suite à sa reconduction, la présidente d'Areva s'est donc vue confiée de nouvelles missions. Il appartiendra notamment à Anne Lauvergeon de lancer le fameux programme EPR, le réacteur de troisième génération, et de conquérir des marchés clés, tels la Chine et les Etats-Unis.
En attendant de « débusher » sur l'Amérique et de conquérir l'empire du milieu, c'est par la perfide Albion qu'Areva va prendre la tangente: le groupe confirme son intérêt pour le marché britannique. Sa présidente Anne Lauvergeon, aurait indiquée lundi dernier à Madrid, lors d'un colloque énergétique, qu'elle s'attendait à ce que le prochain réacteur de type EPR soit construit en Grande-Bretagne. Selon Anne Lauvergeon, des pré-discussions en vue de la certification du réacteur de troisième génération d'Areva sont d'ailleurs en cours avec les autorités britanniques.
En marge de son mandat, il se dit que Nicolas Sarkozy aurait pensé à elle pour un portefeuille de Ministre dans ce qui allait devenir le futur gouvernement de François Fillon, tout entier dévolu à sa logique d'ouverture vers des personnalités "de gauche". Elle a refusée.
Pour finir, selon "Challenges" daté du mois de mai 2007, forte de ses succès, « Atomic Anne » pourrait-être pressentie pour prendre la présidence d'EDF. "Le patron de l'entreprise publique, Pierre Gadonneix, qui aura 65 ans le 10 janvier 2008, sera alors invité à faire valoir ses droits à la retraite", rapporte l'hebdomadaire. Un nouveau défi à relever pour la dame de fer ?
Parcours professionnel:
1990 : Secrétaire générale adjointe de l'Elysée puis sherpa de François Mitterrand
1999 : pilote la création du groupe Areva qui regroupe l'ensemble de l'industrie nucléaire française
Depuis 2001 : présidente du directoire d'Areva.
Elle est aussi membre du Comité pour l'Ethique, l'Environnement et le Développement durable
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| Publié par Rédactrice : Sophie S.Nob. publié dans : Dirigeantes |
| Le : 22-10-2007 |
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