Danielle Monteaux est avocatE de formation, diplômée du barreau de Paris, elle a longtemps exercé le métier de lobbyiste et nous parle aujourd’hui de l’importance des réseaux. Car Danielle met à présent toutes ses compétences au service de la gestion et de l’organisation du Cercle des Femmes de goût et du Club du Chocolat aux Palais, réseaux qu’elle a elle-même fondés...
Celle qui a longtemps évolué dans un milieu d’hommes s’épanouie dorénavant au contact des femmes, à travers une vision du “réseautage“ centrée sur les rapports humains et l’enrichissement mutuel.
Danielle Monteaux est aujourd’hui coach mais aussi mère de famille, elle nous livre son parcours hors du commun et sa vision du networking au féminin.
Quelle est votre formation ?
Je suis Docteur en droit public, avocat et diplômée de l’IHEDN, Institut des Hautes études de défense nationale.
Quelle est votre profession ?
Je suis actuellement coach spécialisée dans le coaching individuel dont les thèmes porteurs sont la gestion du temps et le goût.
J’organise des séances de coaching personnel, en groupe, qui réunissent entre 5 et 10 personnes, le plus souvent des femmes, autours des thématiques de la gestion du temps et du goût qui doit valoriser les questions et les solutions de chacun des participants.
Ceci m’a amenée presque naturellement à travailler sur l’image des personnes, des institutions ou des entreprises à travers l’événementiel.
Quel fut votre premier emploi ?
J’étais assistante parlementaire au Sénat Je suis alors devenue avocat et lobbyiste. Je représentais les avocats de France auprès des pouvoirs publics, étant chargée des relations institutionnelles pour Le Barreau de Paris et le Conseil National des Barreaux.
Quels projets menez-vous actuellement ?
Mes projets se partagent entre l’événementiel et le coaching, mais je m’investis aussi beaucoup auprès des clubs “Le Club du chocolat aux Palais“, et “Le Cercle des femmes de goût“, dont je suis présidente, et qui va de paire avec les rencontres “Les Femmes de goût“, dont je suis la marraine.
J’ai aussi crée le “Cercle du Droit“.
L’écriture occupe également un temps important, que ce soit pour mes livres, "Le Chocolat" par exemple, publié chez Aubanel, ou même par rapport à mes activités dans l’événementiel et le coaching.
Qu’est –ce qui, dans votre parcours, vous a donné les clés pour réussir ?
Je crois qu’il faut remonter jusqu’à l’enfance car l’éducation et les valeurs transmises par l’entourage sont le socle qui permet, plus tard, la réussite. Selon moi il y a plusieurs facteurs mis en jeu dans la réussite : l’éducation, le hasard, la chance, les rencontres, et le fait de savoir rester en éveil et ouvert aux opportunités…
Parlez-nous un peu des rencontres Les Femmes de goût, événement fétiche du Cercle des Femmes de Goût…
Je suis la marraine des rencontres des Femmes de Goût depuis 3 ans, j’ai la responsabilité conceptuelle de cet événement. Après avoir abordé le thème du regard l’an passé, Femmes de Goût évoque cette année le thème de l’odorat, et chaque année sera dédiée à l’ un des cinq sens…
Et pourquoi le Club du Chocolat aux Palais ?
Le Club du Chocolat aux Palais est un jeu de mot qui s’organise autour de la polysémie du terme “palais“ qui désigne l’endroit de la bouche, le lieu que fréquentais à l’époque dans le cadre de mon travail : le Palais de justice, ainsi que les Palais nationaux du Sénat, de l’Assemblée Nationale etc…
L’idée était de réunir des gens que je connaissais bien autour du chocolat en organisant des événements sur ce thème dans des lieux somptueux et prestigieux où un intervenant venait s’exprimer pour mettre en valeur le chocolat.
Quelles étaient vos motivations en vous investissant dans ces cercles ?
Mon projet était avant tout de réunir des gens qui ne se seraient jamais rencontrés autrement. Cela permet aussi à des personnes, qui travaillent sur le même objet mais à des niveaux différents, de se rencontrer et de partager leurs points de vus. Le chocolatier n’aura à priori pas l’occasion d’échanger avec un écrivain qui écrit sur le chocolat, et c’est ce que le Cercle du chocolat aux Palais voulait promouvoir : le rapport aux autres doit devenir plus intellectuel, plus humain, et moins directement utilitaire.
Les femmes, le goût, le “réseautage“, pourquoi ces thèmes vous tiennent-ils à coeur?
Grâce à mon activité de lobbyiste, j’ai très vite compris l’importance et l’impact du groupe. Échanger, partager, se rencontrer, débattre, voilà pour moi le plus important pour réussir mais aussi pour se rapprocher de l’humain. En ce qui concerne les aliments et le goût, il me semble que mon intérêt par rapport aux thèmes culinaires vient du fait que se nourrir, comportement vital et individuel, rassemble aussi. C’est un acte collectif et privilégié qui mêle le plaisir des sens à la réflexion intellectuelle. Il s’agit de mettre ses sens au service de la curiosité et de la découverte.
Enfin, si mes clubs sont des clubs de femmes c’est surtout parce que professionnellement j’ai évolué dans des milieux essentiellement masculins pendant plus de 20 ans, et j’ai eu envie de mettre en avant les particularités féminines. Les femmes n’appréhendent pas les choses de la même façon et je suis très heureuse de travailler avec elles, tout est plus concret et nous ne sommes pas dans le rapport de force : c’est reposant… Cependant les hommes sont aussi les bienvenus, je sollicite d’ailleurs certains intervenants masculins lors de nos événements…
Faîtes-vous partie de réseaux avant de créer les vôtres ?
Le barreau de Paris est d’une certaine façon un immense réseau… Je fait partie de Mac Luhan, fondateur du concept de communication, qui est un club qui réunit des personnalités ou des journalistes des domaines de l’économie et de la politique. Je vais aussi régulièrement aux dîners de la revue Les Deux Mondes et aux déjeuners d’ Hommes et Entreprises. J’ai fait partie de l’IFRI (Institut français des relations internationales) ; et de la Fondation St Simon qui nourrissait les projets des candidats aux présidentielles.
Quels ont été vos “moteurs“ pour monter ces projets ?
Mes moteurs ont été la passion, l’énergie, et la valorisation des liens tissés dans les différents milieux que j’ai fréquentés.
Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?
Une des plus grandes difficultés quand on mène une carrière ou n’importe quel projet qui demande que l’on s’y investisse est de réussir à équilibrer vie privée et vie professionnelle. J’ai choisi l’organisation… Dans ma vie, tout est finalement très lié, je travaille toujours proche de mon domicile ce qui garantit une certaine stabilité.
Comment les avez-vous surmontées ?
On passe ces épreuves comme on peut, il est nécessaire de retomber assez vite sur ses pieds, de relativiser les choses… Dans le cadre de mon métier de coach, j’interviens sur ces questions de gestion du temps, sur l’importance de savoir dire non et sur les différentes manières de s’imposer. Car certaines décisions, comme celle d’avoir des enfants par exemple, doivent être prises et ne peuvent pas attendre, il faut alors savoir prendre du recul et de la distance par rapport à sa carrière professionnelle et décider si l’on veut ou pas prendre le risque… Je ne l’ai personnellement jamais regretté !
Quelle est la personne qui vous a le plus influencée dans vos projets ?
Ma mère, pour l’énergie qu’elle m’a transmise. Sinon, je dirais plutôt que c’est une mosaïque d’influences qui m’a guidée tout au long de mes projets : j’ai pris ce (et ceux !) qui m’interpellait et me correspondait et j’ai laissé le reste de côté…
Qu’est ce qui est le plus contraignant quand on est responsable de réseaux et de clubs ?
Personnellement ce sont les questions administratives et les problèmes d’organisation qui m’ennuient le plus, je suis plus à l’aise dans l’action et surtout dans le contact avec les gens. Du coup, je délègue !
Diriez-vous que faire partie d’un réseau fait gagner du temps ou en coûte ?
Faire partie d’un réseau représente un gain de temps formidable, il faut parfois perdre du temps pour en gagner et les clubs et les réseaux en sont le parfait exemple ! Il ne faut pas penser en terme de temps mais d’apport, et l’apport est ici énorme car chaque rencontre peut déboucher sur un projet, et lorsque cela n’est pas le cas, les contacts et les rapports humains sont déjà suffisants pour justifier de tout l’intérêt qu’il y a à faire partie d’un réseau.
Qu’est ce qui vous donne les plus grandes joies ?
Tout ce qui concerne mes enfants, et apprendre des autres. La convivialité et les rapports humains sont la source de mes plus grandes satisfactions.
Que faîtes-vous pour faire connaître vos réseaux ?
Comme il s’agit de cercles privés nous ne cherchons pas à tout prix la médiatisation, mais il est important de les faire connaître, au moins pour promouvoir ce type d’initiatives. En outre il me semble que nous perdrions un peu de notre état d’esprit intimiste si nous dépassions la centaine d’adhérents… En résumé, faire connaître nos cercles, oui, mais pas forcément pour en augmenter démesurément le nombre de membres.
Quelles sont les attentes de vos membres ?
Ils cherchent en général à trouver un espace de tranquillité pour pouvoir “respirer“. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que nous ayons choisi la ville d’Evian, une ville en pleine nature, géographiquement bien distincte des grandes villes où ils travaillent… Je souhaite faire de chaque événement lié aux cercles un moment de “coupure“ pour les participants.
Quelle relation entretenez-vous avec vos membres ?
Nous entretenons des relations amicales, je connais tous les membres de mes réseaux et cela me semble essentiel… Nous sommes sur la même longueur d’onde et cultivons tous le même esprit curieux de rencontres et de partage.
Travaillez-vous en collaboration avec d’autres réseaux ?
Oui, entre autres avec les “Femmes juristes et entrepreneurs“, et “Interdit aux Hommes“…
Comment voyez-vous l’évolution de vos réseaux ?
Étant donné que nos places sont limitées, l’évolution ne se fera pas en terme quantitatif mais qualitatif. Je souhaiterais mettre en place des rencontres annuelles et un rendez-vous trimestriel autour d’une personnalité, sous la forme d’une discussion sans langue de bois. Nous commençons aussi à mettre en place un fonctionnement selon lequel une fois par mois, une des femmes ou un des hommes du club nous invite dans le cadre de son lieu de travail.
Quel est votre prochain projet ?
Je désire prendre du temps pour moi et pour écrire. Je suis actuellement en train de finir mon livre Réussir sa vie et de poursuivre l’écriture d’un ouvrage avec Pierre Hermé. J’aime aussi peindre…
Quel conseil donneriez-vous aux lectrices qui hésitent encore à devenir membres d’un réseau ?
Je leur conseillerai tout simplement de ne PAS hésiter, car le temps passe très vite, il faut faire les bons choix très tôt, foncer et ne pas avoir peur, et pour cela la meilleure arme est d’être entourée et de profiter des expériences des autres.
Et à celles qui souhaiteraient en créer un ?
Il faut être sûre d’être passionnée et de pouvoir y consacrer du temps et de l’énergie. De plus, il faut avoir un certain profil, plutôt celui de leader car il faut avoir envie de mener les gens et surtout être sur de soi… Mais à la réflexion c’est peut-être au fond une manière de se rassurer.
Quelle est votre devise ?
Croire en la force de la vie.
Danielle Monteaux
Le Club du Chocolat aux Palais
Le Cercle des Femmes de Goût
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