A 21 ans, l’âge où la plupart sont toujours sur les bancs de l’école, Christine Jominet était déjà à la tête d’une équipe de 50 personnes en tant que responsable administration d’affaire ! Après un MBA obtenu à 20 ans, elle se forme donc sur le terrain chez France Télécom. Quelques années plus tard, en 2005, elle obtient le prix Excellencia !
Depuis, elle a fondé le Club Image et intégré l’aventure Nuskin, et tout a changé… Aujourd’hui elle s’investit dans le club pour apprendre aux femmes qui portent sur leurs épaules de lourdes responsabilités à s’en décharger un moment pour prendre soin d’elles, de leur apparence et de leur bien-être… Stylisme, coiffure, cosmétologie, chirurgie esthétique et santé sont autant de thèmes développés par le club lors de rencontres et d’événements passionnants, souvent animés par des professionnels de la santé ou des cosmétiques, et permettant aux femmes de se rencontrer et d’échanger. Mais Christine Jominet mène d’autres projets avec Nuskin, en étroite collaboration avec des personnalités du Maghreb et des pays émergents, et toujours pour les femmes…
IAH vous propose de découvrir ce fabuleux parcours :
- Bonjour Christine, vous êtes fondatrice d’un club très important et avez une activité professionnelle intense et palpitante ; mais qu’est –ce qui, dans votre parcours, vous a donné les clés pour réussir ?
Je dirais le fait d’avoir, dès mon plus jeune âge, fréquenté des gens très différents. Mon père était commissaire de police et m’emmenait avec lui, j’entrais donc en contact avec tous les milieux : intello, rural, marginal... Cela m’a appris que chaque personne, quelque soient ses conditions de vie, a quelque chose à raconter !
- Quand avez-vous décidé de monter votre propre réseau ?
Quand j’ai eu le prix Excellencia de la femme high tec en juin 2005 on m’a conseillé de rentrer dans un réseau pour être entourée, j’ai rejoint PWN et monté le Club Image pour retrouver cet engouement et cette dynamique féminine collective que j’avais observée pendant le prix Excellencia, et après avec PWN.
- Quelles étaient vos motivations ?
Faire en sorte que les femmes intellectuelles sortant des grandes écoles prennent soin de leur look, soient féminines et bien dans leur peau… de femmes ! J’ai monté le Club Image pour leur proposer des conférences et des conseils sur tout ce qui touche le maquillage, les vêtements ou les cosmétiques.
- Pourquoi un réseau de femmes ?
Le Club Image est un réseau de femmes, certes, mais je tiens à préciser que notre groupe tend à ne pas se refermer sur lui-même afin de ne pas se ghettoiser ni extrémiser les regards extérieurs : notre objectif est la collaboration et la communication, non l’affrontement.
- Faisiez-vous partie de réseaux avant de créer le vôtre ? Lesquels et que vous ont-ils apportés ?
J’ai fait partie du club PWN. Ce fut une expérience décisive car je n’avais jamais participé à des réseaux constitués auparavant et PWN m’a faire prendre conscience de la force du réseau. En effet, lorsqu’on travaille en entreprise, on a beau être très entouré, on est en fait très seul, mais dans les clubs les gens sont d’emblée là pour partager et s’entraider !
- De quelles aides avez-vous bénéficiées pour monter ce projet ?
Nous avons eu le soutien des réseaux féminins des grandes écoles comme Essec au Féminin, Escp Eap au féminin, Hec au féminin, le Womandalaray, le Réseau des chambres de commerce étrangères (qui nous ont envoyé des membres féminines de la chambre franco-brittannique, suisse, belgo-luxembourgeoise, canadienne ou américaine). Mais nous avons avant tout réussi grâce à chaque membre du club, à nos ambassadrices qui nous ont présenté beaucoup de gens, et surtout au networking !
- Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?
J’ai été confrontée au fait qu’en France les gens pensent qu’un réseau doit être rentable tout de suite, ce qui est une idée fausse. Contrairement aux américains, les français ne sont pas des habitués du networking, le concept commence tout juste à s’exporter dans l’hexagone mais nous n’avons pas encore la “culture du réseau“. Nous sommes donc parfois confrontés à des personnes qui sont dans la recherche de l’immédiateté, qui voient le club comme un lieu où ils vont pouvoir aller chercher des contrats. Or, le Club Image est tout sauf ça : nous établissons une vraie relation de confiance avec nos membres, nous ne sommes pas dans un salon professionnel, les débouchés et les nouvelles perspectives pro arrivent après s’être investis, il ne faut pas les attendre pour s’investir !
- Quelle est la personne qui vous a le plus influencée dans ce projet ?
Mon associé qui m’a aidé au départ pour tout ce qui était vêtement italiens…
- Qu’a pensé votre entourage (familial, professionnel…) de votre démarche ?
Au départ l’entourage (surtout professionnel) n’était pas très encourageant, car quand on sort du cadre et de la structure classiques qui régissent les rapports humains et qu’on arrive à se faire des relations en dehors de l’entreprise et du milieu dans lesquels on évolue, on sort de la hiérarchie: et ça au départ, ça n’a pas plus à tous, surtout de la part d’une femme qui ne sort pas d’HEC...
- Qu’est ce qui est le plus contraignant quand on est responsable de réseau ?
Il faut savoir gérer son énergie en permanence : être très disponible lors des rencontres pour échanger et dialoguer avec tout le monde, et rester toujours à la fois très calme et posée pour l’écoute et pour se mettre à la portée de tous. De l’énergie, il faut donc en avoir à revendre, mais aussi savoir la canaliser et la gérer, qu’elle perdure pour que le réseau ne meurt pas. Il est aussi nécessaire de faire preuve de créativité en renouvelant les événements et l’intérêt pour faire évoluer le concept.
- Qu’est ce qui vous donne les plus grandes joies ?
La découverte des autres, évidemment ! Quand vous avez la chance de faire ce que je fais, vous rencontrez toujours de nouvelles personnalités, dont parfois vous n’auriez soupçonné l’existence et que vous n’auriez jamais fréquenté dans les circonstances ordinaires de la vie. Et comme les gens extraordinaires amènent d’autres gens extraordinaires, chaque rendez-vous ouvre les portes de nouveaux horizons…
- Que faîtes-vous pour faire connaître votre réseau ?
Nous organisons de nombreux événements. De plus, je fais partie du groupe Nuskin qui a agrandi incroyablement mon réseau et me permet de faire connaître le Club Image à un plus grand nombre de personnes.
- Avez-vous eu des retombées médiatiques ? Si oui, lesquelles ?
Plusieurs articles ont été publiés sur le club, notamment dans l’Express, Cosmopolitan, la presse spécialisée dans le relooking ou l’Habit fait le moine, par exemple.
- Quelles sont les attentes de vos membres ?
Dans le contexte actuel, nos membres cherchent à développer des nouvelles sources de revenus car même les salariés ayant des postes stables se disent que cela devient très dur. Mais nos membres ont surtout en commun d’être à la recherche d’autre chose : au-delà de la partie humaine ils se demandent comment rendre concrètement leur quotidien plus passionnant et plus riche, comment transformer leur vie, la rendre plus cool ! C’est un mélange d’envie et de peur : la plupart des gens ont très peur du changement, et fréquenter un réseau où ils voient des exemples vivants que nos rêves et nos envies sont en fait beaucoup plus accessibles leur permet d’exorciser cette peur de l’inconnu qui les freine dans leurs projets.
- Que vous apportent-elles ? Que leur apporte le réseau?
Au fur et à mesure des rencontres les membres se détendent et sont alors plus prêtes à s’ouvrir à de nouvelles perspectives et à partager. Car pour optimiser son expérience de networking il faut savoir parler ET écouter les autres, adopter d’autres perspectives et s’ouvrir au changement. La plupart des gens s’auto limitent; or, pour faire des choses extraordinaires il faut tester ce qui n’a jamais été fait avant et oser se dire : “pourquoi pas moi ?“. Pour y réussir il faut donc travailler sur son mental et sur ses représentations et intégrer qu’un “non“ n’est pas un rejet de soi, mais une barrière mentale que la personne d’ en face s’impose à elle-même.
- Que peut-on trouver dans votre réseau qu’il n’y a pas ailleurs ?
Des gens extraordinaires ! Des personnes que vous ne rencontreriez jamais ailleurs, des personnes que nous n’aurions jamais pu rencontrer sans Nuskin qui nous a permis de tisser des liens avec les grandes entreprises des pays émergents par exemples.
- Quelle relation entretenez-vous avec vos membres ?
Ceux qui donnent reçoivent …
- Comment accueillez-vous les nouvelles arrivantes ?
Nous profitons des événements organisés par le club pour présenter les nouvelles venues, mais nous nous entretenons dans un premier temps par téléphone afin de sonder la “candidate“ et distinguer celle qui veut rentrer dans le jeu de la consommatrice (qui prend mais ne donne rien) et de celle qui compte venir en dilettante.
- Travaillez-vous en collaboration avec d’autres réseaux ? Si oui, lesquels ?
Nous travaillons beaucoup avec les autres réseaux comme les Grandes Ecoles au Féminin, Polythechnique au Féminin, Les Mines au Féminin, France Amérique, Reporters d’Espoir ou la Chambre italienne.
- Comment voyez-vous l’évolution de votre réseau ?
Nous sommes entourés de gens avec qui nous développons des projets, du business et des contacts, qu’ils démultiplient... Alors il me semble non seulement que le réseau est appelé à évoluer, mais aussi à s’agrandir et à explorer de nombreuses autres perspectives. Nous pensons par exemple à intégrer une partie qui concernerait exclusivement l’événementiel…
- Quel est votre prochain projet ?
Développer la marque Nuskin dans les pays du Maghreb pour donner la possibilité aux femmes de travailler et de prendre leur liberté financière, afin de choisir librement leur vie et celle de leurs filles.
- Quel conseil donneriez-vous aux lectrices qui hésitent encore à devenir membres d’un réseau ?
Selon mon expérience, il est indispensable de faire partie d’un réseau pour évoluer professionnellement, être en accord avec sa vie de famille et sa vie professionnelle. Face au phénomène terrible du stress chez les femmes, le networking peut les aider à trouver des métiers beaucoup plus adaptés à leur situation, leurs contraintes et surtout…leurs envies !
- Quelle est votre devise ?
Une vie réussie est une vie vécue selon ses propres termes…