Mais quelle mouche a piqué Sandrine Decorde, confortablement installée chez Yves Rocher, pour tout quitter afin de lancer un site en ligne de vente d’objets déco et de mobilier design ?
Un congé maternité et une passion au corps bien chevillée.
A 32 ans, cette maman d’un petit garçon de 2 ans et demi, est aujourd’hui à la tête d’ Homology, la french touch deco design et également secrétaire générale du réseau Batir au féminin.
Quel métier rêviez vous de faire enfant ?
J’hésitais entre Créatrice de mode, Galeriste ou Business Woman. En fait, je faisais moi-même des tailleurs-pantalons à ma Barbie qui exposait dans sa galerie les plus grands artistes du moment ! A quelques détails près, je n’en suis pas si loin ;-)
Qu'est ce qui, dans vos études, vous a donné les clés pour réussir ?
J’ai fait des études de finance : c’est toujours très utile de savoir compter ! Ce qui était plutôt à l’opposé de ma personnalité. Je suis plutôt créative et relationnelle que rationnelle et dans la précision ! Au-delà, mes études on été assez généralistes (Ecole de Commerce) pour me permettre de comprendre les bases de l’entreprise, l’expérience à fait le reste… L’expérience surtout !
Quelle a été la rencontre déterminante dans votre parcours professionnel ?
Sans une hésitation, le père de mon fils. Il m’a appris à ne pas tergiverser et à passer à l’action.
Il m’a transmis le goût du risque et d’entreprendre. Quand je lui ai parlé de mon idée de distribuer sur internet de jeunes designers français, il m’a soutenue. Tout en ayant un œil très critique sur ce que je fais, il est toujours là pour me soutenir.
Quelle est l'entreprise où vous avez adoré travailler ? Pourquoi ?
Yves Rocher : c’est un groupe où il fait vraiment bon travailler, dans un esprit humain et amical. Un grand groupe à l’esprit familial, où la gentillesse est une qualité reconnue professionnellement. En plus , c’est une très belle réussite entrepreneuriale, parti de rien dans les années 50, Yves Rocher a bâti une multinationale en restant toujours maître de sa société.

L'idée de créer Homology vous est venue quand ?
J’ai eu l’idée en 2004. Mais j’étais « bien au chaud » dans un job aussi intéressant qu’enrichissant professionnellement et personnellement. Une frustration professionnelle m’avait fait penser qu’il était temps pour moi de passer à l’action et de réaliser mes idées toutes seules plutôt que de passer du temps à convaincre d’autres de le faire, ce qui est fréquent dans les grandes groupe ! Fin 2005, j’ai profité d’un congé maternité pour affiner le concept, monter le business plan, étudier la concurrence. EN 2006, j’ai créé ma société en commençant par de la décoration et de l’aménagement d’intérieur.
Pourquoi vous êtes vous lancée dans cette aventure ?
Après la naissance de mon fils, et avec l’assurance qu’apporte la trentaine, j’avais envie de me réaliser dans ma vie professionnelle. Ma passion pour la décoration d’intérieur, le design et la création au sens large l’emportait sur la sécurité d’un emploi et « un plan carrière tout tracé ». Je me trouvais à l’étroit dans ma vie de salariée, ça ne bougeait pas assez vite à mon goût.
Par ailleurs, à la naissance de mon fils, je me suis aussi rendue compte que je n’avais pas envie de le laisser à la crèche à 3 mois et que quelqu’un d’autre s’en occupe 10h par jour. En créant ma boîte, je restais maître de mon emploi du temps et c’est moi qui donnait le tempo. Je pouvais continuer à materner à mon rythme tout en développant mon activité. Un main sur la maxi cosy et l’autre au téléphone ou sur le clavier ! C’est comme ça que je me suis lancée dans la Décoration.
Quels sont les obstacles que vous avez eu à franchir avant de lancer ce projet ?
Le principal obstacle pour moi a été le regard des autres. « Lâcher un job en or » pour créer sa petite entreprise était plutôt déroutant pour mes proches. Lancer une entreprise pendant son congé maternité encore plus !
Après cela a été plus des freins psychologiques tels que la perte de la sécurité financière et une grosse dose de doute avant de me lancer. Mais plus le projet se concrétise, moins le doute subsiste.
De quelles aides avez vous bénéficié ?
On m’a prêté un ordinateur pour démarrer, ce qui m’a permis d’investir dans d’autres choses pour lancer Homology.com. Depuis peu, nous occupons de nouveaux locaux à titre gracieux grâce à un Chef d’Entreprise très impliqué dans le développement du tissus économique local. Je pense que les meilleures aides viennent des « belles » rencontres très souvent dues au hasard.
Homology.com a vraiment beaucoup de chance !
Quelles ont été les réactions de vos proches à l'annonce de votre projet ?
La plupart n’ont pas été étonné que je me tourne vers la décoration et le design : ma grande passion depuis pas mal d’années. C’était assez logique par rapport à mes compétences que je le fasse sur internet. De toutes façons, quand je l’ai annoncé à mes proches, j’étais prête à ouvrir le site internet. Personne n’aurait pu me faire changer d’avis ! Leur réaction a été très positive : tous mes proches se sont empressés de commander en ligne des objets déco !
Les premiers clients d'Homology, vous vous en souvenez ? Comment les avez vous décrochés ?
Les premiers clients d’Homology étaient des clients en Aménagement d’Intérieur. Les premiers clients d’Homology.com, le site internet, ont été mes parents qui dès l’ouverture se sont précipités pour passer la première commande. Après est venu la première « vraie » cliente, que je ne connaissais pas. Je me demande encore comment elle a bien pu trouver Homology.com sur internet.
Homology en 3 chiffres ?
Ouvert le 1/12/2006
Plus de 40 000 visiteurs par mois sur Homology.com, et cela ne cesse de croître !
1/3 du CA en projets d’aménagements d’intérieur de lieux professionnels et privés.
Quel est l'objet déco qui se vend le mieux ?
La Chaise Tolix : une chaise mythique créée par Xavier Peuchart en et un symbole de design vintage
Quel est votre objet coup de coeur ?
Les plateaux d’Ibride Diane et Viktor, je suis vraiment très romantique !
Qu'est ce qui est le plus contraignant dans votre activité ? Comment le gérez vous ?
Le plus contraignant c’est la gestion des stocks et des livraisons. Le client ne peut pas attendre… Il m’arrive parfois de faire des colis la nuit dans les périodes de rush comme avant Noël !
Quels sont les témoignages clients qui vous ont le plus encouragée ?
Ce qui m’encourage le plus c’est les petits mots des clients qui sont faits sur le blog décoration d’Homology. Ils sont toujours très chaleureux et me poussent à parler de décoration et d’objets déco et design.
Quels sont vos objectifs pour 2008 ?
Présenter 10 nouveaux designers français qui contribuent à l’émergence de le French Touch du Design sur Homology.com,
Développer le blog Decology qui intéresse de plus en plus d’internautes qui s’y abonnent. Il y a une réelle demande d’information sur le Déco et le Design
Continuer la croissance et la gérer.
A quoi ressemblent vos journées ?
Je me lève à 7h et prend un peu de temps pour moi le matin, puis je m’occupe de mon fils que je dépose à 8h45 à la crèche.Je file au bureau. Le contenu de ma journée de travail est différent chaque jour et c’est ce que j’aime. Jamais aucune journée ne se ressemble !
Combien d'heures par semaine travaillez-vous ?
Alors, une journée de travail c’est : 9h-18h30, je me mets en mode Maman de 18h30 à 21h et je repasse en mode « entrepreneuse » de 21h à minuit … Exceptionnellement, je pousse jusqu’à 2h, mais c’est très rare, le manque de sommeil me rend vraiment trop grincheuse ! J’essaye de faire un break le week-end, mais même pendant mon temps libre, je contribue à la réussite d’Homology car les rencontres se font souvent de manières fortuites et toutes occasions est bonne pour parler de ma passion pour la Décoration et le Design.
Comment parvenez vous à concilier vie pro et vie de famille ?
Le plus difficile, c’est de laisser au vestiaire Homology quand je passe du temps avec mon fils. Les enfants sont très intuitifs et sentent quand on est pas vraiment présent. La pratique du yoga m’a appris à me déconnecter des préoccupations professionnelles pour mieux profiter du moment présent. Sinon, j’évite d’être perfectionniste pour tout ce qui touche à la maison : c’est souvent le bazar, le linge s’entasse et je suis devenue la reine du « truc facile et rapide à cuisiner » !
Comment vos proches perçoivent ils votre emploi du temps d'entrepreneuse ?
En fait, à part ceux qui entreprennent eux-mêmes, mes proches ne se rendent pas compte du temps que je passe sur Homology, ni l’investissement nécessaire pour faire décoller une boîte, sur internet ou ailleurs. D’ailleurs, ils ne comprennent pas bien ce que je fais de mes journées. Surtout ma mère, qui ne connaît rien à internet !
Quelle est la femme célèbre (ou pas) que vous admirez ?
Sans hésiter : Ellen Macarthur… Elle est passionnée, talentueuse, évolue aussi brillamment en solitaire qu’en équipe et a démontré que ni l’âge ni le sexe n’était déterminant dans la réussite d’un projet personnel. La passion et la détermination nécessaires pour faire ce qu’elle fait font vraiment mon admiration.
Celle qui vous tape sur les nerfs ?
Angelina Jolie : Maman de 4 (5 ?) enfants, elle est canon, gère super bien sa carrière d’actrice et a un des plus beau mecs de la terre à ses cotés qui sait se transformer en papa poule charmant. Oui, les wonder women me tapent vraiment sur le nerfs !
Quelle serait votre première mesure si vous étiez présidente ?
Renforcer le service minimum obligatoire dans les services publics. Les grandes grèves avant Noël qui paralysent la France sont néfastes pour la croissance, déjà pas très vaillante. Ces blocages me choquent surtout lorsqu’il s’agit de défendre quelques privilèges.
Quelle est votre devise ?
« Croire en quelque chose et ne pas le vivre, c’est malhonnête.» Gandhi.
Appartenez vous à d'autres réseaux/associations, féminins ou pas ?
Les Entreprenautes Associés, et les Panthère’s Club, deux collectifs d’entrepreneurs sur le Net, ce sont un peu les clubs de la deuxième bulle internet. Et d’ailleurs les femmes y sont assez bien représentées !
Bâtir au Féminin, une association qui favorise l’insertion des femmes dans le monde du bâtiment et qui regroupent des femmes qui entreprennent dans ce domaine particulièrement très masculin.
Quels bénéfices en retirez vous ?
Cela me permet déjà de parler de mon business, d’échanger et d’apprendre des expériences des autres. Après, cela me sort d’un certain isolement, lié à l’entreprenariat, à la prise de décision.
Et enfin, depuis que je fais partie de ces « club/association », j’embête moins mon entourage avec mes préoccupations business ! C’est l’occasion de rencontrer des gens actifs et impliqués dans ce qu’ils font : tout ce que j’aime !
Qu'auriez vous à demander aux lectrices d'Interdit aux Hommes ?
Que faites vous pour les femmes ?