Alice Méchain, 26 ans, vient de créer Ali’s Com, une société proposant du conseil et de la création en communication pour les PME. Interview de cette jeune entrepreneuse, également maman d’un petit garçon de 4 ans et demi.
Quel métier rêviez vous de faire enfant ?
Hi hi… « Arrangeuse de plat », mon père est très doué pour la présentation des mets, et j’adorais essayer d’en faire autant… ! Plus sérieusement, je voulais être archéologue. Ça m’a pris à l’école primaire, en visitant des thermes romains à côté d’Orléans (45) et ça m’est resté jusqu’au lycée, où j’ai compris que ça ne fonctionnerait pas parce que je n’étais vraiment pas douée pour retenir les dates. Et puis, dès la fin du lycée, je me suis tournée vers la communication…
Qu'est ce qui, dans vos études, vous a donné les clés pour réussir ?
J’ai eu la chance d’avoir de bons profs tout au long de ma scolarité, non seulement au niveau pédagogique, mais aussi dans le respect et l’estime qu’ils avaient pour leurs élèves. Je pense que ça a très fortement renforcé ma confiance en moi et en mes idées.
Quelle a été la rencontre déterminante dans votre parcours professionnel ?
Celle du directeur de ma section universitaire, Michel Truffet. C’est à lui que je dois mon premier emploi et mes bases de connaissances en communication audio-visuelle. Il m’a permis de faire mes armes et de prouver ce que je valais.
Quelle est l'entreprise où vous avez adoré travailler ?
Ah… question difficile… je crois que je ne l’ai pas encore trouvée… il m’a toujours manqué quelque chose, soit du côté humain, soit du côté travail. Mais j’ai quand même une préférence pour mon dernier poste qui m’a permis de rencontrer ma compagne… Médiadix (Saint-Cloud, 92).
L'idée de créer Ali'sCom vous est venue quand ?
Je l’ai en moi depuis quatre ans environ, quand j’ai créé mon deuxième site Internet. Mais ça c’est vraiment concrétisé dans mon esprit il y a huit mois. Etant à temps partiel, j’avais envie de mettre à profits mon temps libre pour faire ce qui me plait vraiment et m’épanouir tout en travaillant.
Pourquoi vous êtes vous lancée dans cette aventure ?
J’ai un parcours personnel et professionnel plutôt atypique, polyvalent, du coup, non seulement je ne rentre pas souvent des les cases des recruteurs, mais je n’ai jamais trouvé le poste idéal pour moi, où je puisse m’exprimer vraiment sur la vie de l’entreprise, ou dans mes taches. En devenant mon propre patron, je compte bien me laisser plus de temps de parole et de pouvoir décisionnaire.
Quels sont les obstacles que vous avez eu à franchir avant de lancer ce projet ?
Ne pas pouvoir avoir d’informations claires personnalisées.
Ca a commencé dans le flou des institutions référentes. Pour choisir ma forme juridique et le CFE dont je dépendais, j’ai commencé par la CCI, qui m’a envoyé vers la Chambre des métiers, qui m’a envoyé vers les Impôts, qui m’a envoyé vers l’URSSAF. J’ai vite renoncé à passer par le portage salarial pour garder la maitrise de mes tarifs et gérer seule mes « affaires ».
De quelles aides avez vous bénéficié ?
La première est celle de ma compagne, qui m’a fait bénéficier de son expérience en économie de marché et en création d’entreprise (une librairie en 2006). La deuxième est celle d’un organisme local d’Aide au projet de création ou de reprise : AC Formation, en la personne de Chantal Dunois. Et puis enfin, mes employeurs actuels et mes parents qui m’ont trouvé mes premiers clients.
Quelles ont été les réactions de vos proches à l'annonce de votre projet ?
Ma compagne a tout de suite adhéré et m’a proposé son aide et son soutien. Mes parents et mes proches ont trouvé mon concept intéressant et utile et me soutiennent beaucoup.
Les premiers clients d'Ali's Com, vous vous en souvenez ? Comment les avez vous décrochés ?
Bien sur que je m’en souviens ! On peut dire que le tout premier, c’est mon père et son CACY Théâtre, mais le premier officiel, c’est une personne qui travaille pour et avec mes employeurs actuels. Elle a aimé mon travail et m’a confié la création de la carte de sa brasserie. Mon deuxième client officiel est un ami de mes parents, son site Internet devenait obsolète et m’a confié la refonte totale de celui-ci parce qu’il avait apprécié mes travaux précédents.
Ali's Com en 3 chiffres ?
4 personnes qui me soutiennent tous les jours
76, le département qui m’a permis cette création
2009, l’année où je veux m’y consacrer à temps plein et en vivre.
Qu'est ce qui est le plus contraignant dans votre activité ? Comment le gérez vous ?
Ceux qui ne savent pas du tout ni ce qu’ils veulent, ni ce qu’ils ne veulent pas. Ça rend le travail long et pénible, car souvent inutile. Je travaille donc beaucoup en amont sur le fond pour cibler le plus possible la forme.
Quels sont les témoignages qui vous ont le plus encouragée ?
Des spectateurs de mes réalisations, qui m’ont envoyé des messages de félicitation et d’encouragement. Et puis de savoir que mes clients parlent de mon travail en bien et me recommandent… ça fait chaud au cœur.
Quels sont vos objectifs pour 2008 ?
Me former à la gestion d’entreprise et prospecter. Mettre à jour aussi mon matériel informatique.
A quoi ressemblent vos journées ?
En ce moment, c’est plutôt : Maman de 7h à 8h30, assistante administrative de 9h à 12h, entrepreneuse de 12h à 14h, re-assistante administrative de 14h à 17h, compagne et mère de 17h30 à 20h et juste compagne de 20h à 7h le lendemain… le week-end c’est famille et projets de création, le lundi c’est travail administratif et création.
Combien d'heures par semaine travaillez-vous ?
Les périodes de création, tout cumulé, j’avoisine les 50 heures… mais il y a quelques périodes plus calmes, heureusement…
Comment parvenez vous à concilier vie pro et vie de famille ?
Une grande organisation et beaucoup de compréhension. J’ai la chance d’avoir un fils qui adore l’école, manger à la cantine, la garderie et le centre de loisirs et surtout d’avoir une compagne qui fait tout pour me faciliter la vie, tant en mon absence que quand je travaille chez nous. Je fonctionne quasiment qu’avec des listes, des plannings et ma montre… ça n’empêche pas la spontanéité (ni les ratés d’ailleurs), mais ça aide beaucoup quand même.
Comment vos proches perçoivent ils votre emploi du temps d'entrepreneuse ?
Je crois que la plupart du temps, ça ne pose pas de problème. Mais quand je suis en création, je ne suis pas trop disponible, alors ça demande souvent des mises au point, mais j’avoue qu’ils sont très compréhensifs et m’aident beaucoup.
Quelle est la femme célèbre (ou pas) que vous admirez ?
Elle n’est pas célèbre mais n’en est pas moins chère à mon cœur. Ma Mère. Elle vit pour sa passion autant que pour sa famille, elle est toujours modeste et discrète, mais abat un boulot de titan. Elle fait face aux problèmes avec sang froid et a toujours soutenu sa famille. Elle n’hésite pas à se remettre en question et à toujours chercher plus loin, elle se forme, écoute. Elle m’a transmis son don pour l’organisation et l’exigence tout en sachant y mettre de la fantaisie et de la joie.
Celle qui vous tape sur les nerfs ?
Je n’en ai pas encore rencontré qui vaille la peine d’en parler…
Quelle serait votre première mesure si vous étiez présidente ?
Inverser la tendance et mettre la Culture au centre des mesures et des idées. Je suis persuadée que ça changerait énormément de choses dans tous les domaines.
Quelle est votre devise ?
J’en ai deux qui me viennent de mes parents : « Le bonheur n’est pas la destination, c’est le chemin » et « Avoir toujours le courage d’avoir le courage ».
Appartenez vous à des réseaux/associations, féminins ou pas ?
Non, pas encore, enfin à part « Interdit aux hommes », maintenant.
Quels bénéfices en retirez vous ?
Répondre à cette interview me permet de regarder un peu en arrière… et je ne regrette rien.
Qu'auriez vous à demander aux lectrices d'Interdit aux Hommes ?
Est-ce plus important de vous faire reconnaître en tant que femme, où en tant qu’individu ? Comment gérez-vous les pressions sociales vis-à vis de la femme (couple, famille, travail) dans vos rapports avec les « institutions » (école, administrations, établissements bancaires, etc.) ?